Une clôture ne dérape pas le jour de la clôture. Elle se prépare pendant onze mois, et ça se voit — à condition de regarder ailleurs que dans les comptes.
Une clôture ne dérape pas le jour de la clôture. Elle se prépare pendant onze mois. Et ça se voit bien avant, à condition de regarder ailleurs que dans la comptabilité.
Cinq symptômes. Aucun n'est comptable. Tous sont sur le terrain des projets.
« Tu peux me confirmer l'avancement ? » « Combien d'heures ont été consommées ? » Le contrôle de gestion court après les chefs de projet à J-1. Chaque mois.
Ce n'est pas un problème de discipline. C'est le signe que la saisie ne sert à personne d'autre que celui qui la réclame. Une donnée qu'on ne demande qu'une fois par mois, pour un tableau que le saisisseur ne verra jamais, sera toujours produite en retard et de mauvaise grâce.
Une semaine entière reconstituée le vendredi soir. Quatre-vingts heures d'équipe saisies en quinze minutes.
On mesure alors ce dont on se souvient, pas ce qui s'est passé — et la mémoire arrondit toujours dans le même sens : vers le projet dont on a le plus parlé, vers les chiffres ronds, vers ce qui était prévu.
Un projet annoncé à 60 % en mars est encore à 60 % en avril. Puis 75 % en mai. Une révision à la baisse en cours d'année ? Presque jamais.
Un projet qui ne recule jamais n'est pas un projet bien tenu. C'est un projet dont personne n'ose dire qu'il a glissé. Tant qu'annoncer un retard coûte plus cher que le taire, le chiffre restera optimiste — et il le restera jusqu'au mois où il devient intenable.
Le budget est dépassé de 120 k€. On cherche pourquoi. On trouve toujours : un changement de périmètre, une ressource ajoutée, un retard client.
L'explication finit toujours par arriver. Le problème est qu'elle arrive après. Une cause identifiée trois mois plus tard n'est plus une cause, c'est une justification — et on ne pilote pas avec des justifications.
« On en est où sur ce projet ? » « Qu'est-ce qui reste à facturer ? » Le calcul existe. Mais il est dans un fichier Excel, dans un courriel, dans un outil métier — ou dans la tête de quelqu'un.
C'est le symptôme le plus grave, parce que ce n'est plus un problème de pilotage mais de continuité : le jour où cette personne change de poste, l'entreprise perd la mémoire de son encours.
Aucun de ces cinq symptômes n'apparaît en comptabilité. Tous se paient à la clôture, sous quatre formes :
Le réflexe habituel est de renforcer la clôture : plus de relances, plus de contrôles, une réunion de plus. C'est traiter le symptôme au moment où il est le plus cher à traiter. Trois leviers en amont valent mieux :
Le point commun des trois : ils déplacent l'effort du jour de la clôture vers les onze mois qui la précèdent. C'est le seul endroit où il produit quelque chose.
Planifié affiché par défaut dans la feuille de temps, workflow de validation daté, gel et historisation des périodes, reste à faire saisi par le chef de projet et coût final prévisionnel recalculé à chaque clôture. Les écritures partent ensuite en comptabilité sans reconstitution manuelle.
Troisième article de la série sur le contrôle de gestion projet, après l'encours et le BFR projet. Reste un sujet : les FAE et les PCA, c'est-à-dire la traduction comptable de tout ce qui précède.
Ce que cet article décrit se pilote dans ces modules de CESAR.TEAM.
Dites-nous comment vous pilotez aujourd'hui : structure, rythme de clôture, systèmes en place. Nous préparons une démonstration sur un contexte comparable.