Elle immobilise en permanence entre un quart et un tiers de votre chiffre d'affaires. Le calcul tient en quelques lignes, et l'un de ses deux termes ne dépend que de vous.
Le BFR, c'est l'argent que vous avancez pour faire tourner l'activité avant d'être payé. Le BFR projet, c'est la même chose appliquée à une affaire : le temps de vos équipes, déjà payé en salaires, dont la facture n'est pas encore encaissée.
Il n'apparaît sur aucun tableau de bord projet. Il se lit au bilan, et personne ne le rattache au projet qui l'a créé.
En régime stable, votre BFR exprimé en jours de chiffre d'affaires est égal au délai moyen entre le jour produit et le jour encaissé. Ce délai a deux termes, et ils s'additionnent.
| Terme | De quoi il s'agit | Ordre de grandeur | Qui décide |
|---|---|---|---|
| Production → facture | Saisie des temps, validation, décision de facturation, clôture, émission | 30 à 60 jours | Vous |
| Facture → encaissement | Le DSO : délai de paiement effectif de vos clients | 65 jours en moyenne | Vos clients |
| Total | Du jour produit au jour encaissé | 95 à 125 jours | — |
Le second terme est documenté : sur 2025, le délai moyen de paiement des PME et ETI françaises s'établit à 65 jours, en dégradation, d'après l'observatoire Agicap Data Pulse portant sur environ 8 000 entreprises. Le premier, presque personne ne le mesure.
Entre 95 et 125 jours, ce sont 26 à 34 % du chiffre d'affaires immobilisés en permanence. Pour une société à 10 M€, cela fait 2,6 à 3,4 millions d'euros que vous financez vous-même, en continu.
Ce n'est pas une perte. C'est de l'argent qui existe, qui vous appartient, et qui n'est pas là. La nuance compte, parce qu'elle change la nature de la décision : il ne s'agit pas de récupérer une somme perdue, mais de raccourcir le temps pendant lequel elle vous manque.
La question n'est donc pas de supprimer ce BFR — il est structurel. Elle est de savoir combien il fait, et lequel des deux termes vous pouvez réduire.
Sur le DSO, vos leviers sont contractuels et commerciaux : conditions de paiement, acomptes, jalons, relance. Ils existent, mais ils se négocient client par client et se gagnent lentement.
Le premier terme, lui, est entièrement interne. Et il n'est pas monolithique : c'est une chaîne de quatre segments, dont chacun se mesure et se raccourcit séparément.
Mesurez les quatre sur vos trois derniers mois. La plupart des entreprises découvrent que le segment décisif n'est pas celui qu'elles croyaient, et qu'un mois entier se perd entre la fin d'une prestation et la validation des temps correspondants.
Les quatre segments vivent dans la même chaîne : saisie au fil de l'eau avec le planifié pré-rempli, workflow de validation daté, encours calculé en continu pour décider de facturer sans attendre la clôture, et mise en facturation adossée à l'avancement plutôt qu'à un échéancier. Le premier terme se raccourcit parce que rien n'attend la période suivante.
Avant tout projet d'amélioration, un chiffre suffit : le nombre de jours moyen entre la fin d'une prestation et l'émission de sa facture, sur vos affaires closes des douze derniers mois. Il se calcule avec deux dates que vous possédez déjà.
Rapporté à votre chiffre d'affaires, il vous donne le montant que vous financez vous-même. C'est en général le chiffre qui déclenche la décision — plus sûrement qu'un discours sur la rigueur de la facturation.
Deuxième article de la série sur le contrôle de gestion projet, après l'encours. Viendront les FAE et PCA, puis la clôture mensuelle.
Ce que cet article décrit se pilote dans ces modules de CESAR.TEAM.
Dites-nous comment vous pilotez aujourd'hui : structure, rythme de clôture, systèmes en place. Nous préparons une démonstration sur un contexte comparable.