Encours & trésorerie

Le BFR projet, c'est la ligne que personne ne pilote

Elle immobilise en permanence entre un quart et un tiers de votre chiffre d'affaires. Le calcul tient en quelques lignes, et l'un de ses deux termes ne dépend que de vous.

Septembre 2026· 6 min de lecture· Encours & trésorerie
L'essentiel
  • Le BFR projet en jours de chiffre d'affaires = délai production → facture + DSO. Les deux s'additionnent.
  • 95 à 125 jours au total, soit 26 à 34 % du chiffre d'affaires immobilisés en permanence — 2,6 à 3,4 M€ pour une société à 10 M€.
  • Le DSO se négocie ; le délai production → facture se pilote. C'est le seul des deux termes qui ne dépend que de vous.
BFR projet en jours de chiffre d'affaires : 30 à 60 jours entre production et facture, sous votre contrôle ; 65 jours de DSO qui dépendent de vos clients. Total 95 à 125 jours, soit 26 à 34 % du chiffre d'affaires immobilisé en permanence.
BFR projet, en jours de chiffre d'affaires · 02

Le BFR, c'est l'argent que vous avancez pour faire tourner l'activité avant d'être payé. Le BFR projet, c'est la même chose appliquée à une affaire : le temps de vos équipes, déjà payé en salaires, dont la facture n'est pas encore encaissée.

Il n'apparaît sur aucun tableau de bord projet. Il se lit au bilan, et personne ne le rattache au projet qui l'a créé.

Le calcul tient en une ligne

En régime stable, votre BFR exprimé en jours de chiffre d'affaires est égal au délai moyen entre le jour produit et le jour encaissé. Ce délai a deux termes, et ils s'additionnent.

TermeDe quoi il s'agitOrdre de grandeurQui décide
Production → factureSaisie des temps, validation, décision de facturation, clôture, émission30 à 60 joursVous
Facture → encaissementLe DSO : délai de paiement effectif de vos clients65 jours en moyenneVos clients
TotalDu jour produit au jour encaissé95 à 125 jours

Le second terme est documenté : sur 2025, le délai moyen de paiement des PME et ETI françaises s'établit à 65 jours, en dégradation, d'après l'observatoire Agicap Data Pulse portant sur environ 8 000 entreprises. Le premier, presque personne ne le mesure.

Ce que ça pèse en euros

Entre 95 et 125 jours, ce sont 26 à 34 % du chiffre d'affaires immobilisés en permanence. Pour une société à 10 M€, cela fait 2,6 à 3,4 millions d'euros que vous financez vous-même, en continu.

Ce n'est pas une perte. C'est de l'argent qui existe, qui vous appartient, et qui n'est pas là. La nuance compte, parce qu'elle change la nature de la décision : il ne s'agit pas de récupérer une somme perdue, mais de raccourcir le temps pendant lequel elle vous manque.

La question n'est donc pas de supprimer ce BFR — il est structurel. Elle est de savoir combien il fait, et lequel des deux termes vous pouvez réduire.

Un seul des deux dépend de vous

Sur le DSO, vos leviers sont contractuels et commerciaux : conditions de paiement, acomptes, jalons, relance. Ils existent, mais ils se négocient client par client et se gagnent lentement.

Le premier terme, lui, est entièrement interne. Et il n'est pas monolithique : c'est une chaîne de quatre segments, dont chacun se mesure et se raccourcit séparément.

  • Produire → saisir. Le délai entre le travail fait et son imputation. Une saisie hebdomadaire au lieu d'une saisie de fin de mois enlève déjà plusieurs jours.
  • Saisir → valider. Le temps que met la hiérarchie à valider. C'est presque toujours le segment le plus long, et le moins coûteux à corriger : il relève d'une date, pas d'un outil.
  • Valider → décider de facturer. L'arbitrage sur ce qui part en facture, selon l'avancement et le mode d'engagement. Il suppose de connaître la production réelle à date — sans quoi il attend la clôture.
  • Décider → émettre. La production de la facture elle-même. Souvent rapide, sauf quand elle demande une ressaisie depuis un autre système.

Mesurez les quatre sur vos trois derniers mois. La plupart des entreprises découvrent que le segment décisif n'est pas celui qu'elles croyaient, et qu'un mois entier se perd entre la fin d'une prestation et la validation des temps correspondants.

Dans CESAR.TEAM

Les quatre segments vivent dans la même chaîne : saisie au fil de l'eau avec le planifié pré-rempli, workflow de validation daté, encours calculé en continu pour décider de facturer sans attendre la clôture, et mise en facturation adossée à l'avancement plutôt qu'à un échéancier. Le premier terme se raccourcit parce que rien n'attend la période suivante.

Commencez par le mesurer

Avant tout projet d'amélioration, un chiffre suffit : le nombre de jours moyen entre la fin d'une prestation et l'émission de sa facture, sur vos affaires closes des douze derniers mois. Il se calcule avec deux dates que vous possédez déjà.

Rapporté à votre chiffre d'affaires, il vous donne le montant que vous financez vous-même. C'est en général le chiffre qui déclenche la décision — plus sûrement qu'un discours sur la rigueur de la facturation.

La suite

Deuxième article de la série sur le contrôle de gestion projet, après l'encours. Viendront les FAE et PCA, puis la clôture mensuelle.

Dans la plateforme

Les modules concernés

Ce que cet article décrit se pilote dans ces modules de CESAR.TEAM.

Passer à la démonstration

Voyons ce que ça donne sur vos projets

Dites-nous comment vous pilotez aujourd'hui : structure, rythme de clôture, systèmes en place. Nous préparons une démonstration sur un contexte comparable.