Leçon N°19 : appliquer les 4 principes de DARWIN pour être un manager agile

Appliquer les 4 principes de DARWIN pour être un manager agile

En regardant la nature, Darwin part du principe que l’agilité est la principale clé de succès pour survivre dans un environnement en évolution permanente. Ce principe remet en cause certaines convictions et pratiques de management. Les enseignements de DARWIN reposent sur quatre principes ;

1. La symbiose
2. La migration
3. L’instinct
4. La sélection naturelle

En s’inspirant de la nature, de la biologie et des analyses organiques, DARWIN a imaginé l’entreprise comme un écosystème agile capable de s’adapter et non comme un système rigide de processus.

 

1/ La symbiose

Le chef de projet est un DJ et non uniquement un chef d’orchestre – Etre chef d’orchestre n’est plus suffisant. Il faut être capable de compiler et de réutiliser des morceaux ou des contenus issus de l’expérience ou de plusieurs big data. Avant de lancer le projet, le chef de projet réalisera une recherche internet approfondie afin de savoir si le projet ou une brique de celui-ci n’a pas été déjà été réalisé ou s’il n’existe pas un expert externe capable d’apporter un coup d’accélérateur. Récemment, nous avons sollicité un canadien sur un projet au Maroc qui a apporté son retour d’expérience, mis l’équipe projet en confiance et a surtout permis de créer la symbiose entre les contributeurs. Les équipes de recherche médicale sur le cancer sont en totale symbiose à l’international ; sans enjeux de pouvoir et totalement engagée pour sauver des vies. Coopérer, contribuer, coacher n’est pas suffisant pour innover avec agilité. Il faut être en symbiose avec son entourage avec beaucoup d’humilité et souvent sans logique de win/win ou d’enjeux de  pouvoir. C’est en symbiose que les bonnes surprises peuvent arriver et vous tomber sur la tête.

 

2/ La migration

le management de projet migre vers un management hybride – Le mode projet a pris ses racines dans l’industrie et a souvent installé des relations de maîtrise d’ouvrage – maîtrise d’œuvre (pratique franco-française). L’organisation d’un projet était souvent en mode plateau-projet et équipe dédiée. Depuis 20 ans, les entreprises de service mettent en place un management de projet agile. Le management hybride mobilise des compétences de tous les domaines du management. Les principes de management sont les suivants ;

  • mixité des cultures
  • mixité des compétences
  • mixité des méthodes
  • mixité des profils

Comme une voiture hybride, le chef de projet s’adapte et fait preuve d’intelligence de la situation en ajustant sa posture, sa méthode et ses pratiques de travail. Un projet embarque une multitude de situations pour lesquelles il faudra déclencher une méthode agile à certains moment et des méthodes traditionnelles à d’autres. C’est cette capacité d’adaptation ou de migration qui fait la raison d’être du chef de projet.

3/ L’instinct

Tout les managers sont d’accord « Trop d’information tue l’information ». On est submergé de mails, de réunions et d’informations. On est également « parasité » par des fausses informations et des rumeurs. Dans ce contexte d’hyper-information, les qualités du manager deviennent l’intuition, l’instinct et la prise de recul. Malgré les nombreux reportings, il faut rester lucide et être capable de remettre en cause de belles présentations. Dans un monde où la forme est souvent plus importante que le fond, le manager doit avoir conscience du vrai et du faux, du bon et du mauvais avec des techniques issues de son expérience, de sa capacité d’empathie et de son intuition.

4/ La sélection naturelle

la valeur d’un projet se constate à la fin, sur le terrain et avec le client. Les utilisateurs sont souvent dans une sanction 0-100% (bien ou pas bien). Malgré les scorings, la qualité des études et des réalisations, seuls les projets qui ont un sens et une utilité pour le client vont survivre et pourront évoluer par versionning. Le principe de sélection naturelle impose au management de projet 5 principes ;

  1. Une réalisation incrémentable pour mesurer la réceptivité du client
  2. Une adaptabilité afin de prendre en compte les évolutions au fil de l’eau – ne pas rester rigide sur un objectif fixe mais garder le cap sur le sens
  3. Une capacité à improviser et non une planification rigide de type PERT ou GANTT
  4. Une visibilité sur les résultats intermédiaires, le qui fait quoi et un reporting temps réel
  5. Une mesure dès le démarrage du projet de la création de valeur ; démontrer les gains, les usages et les bénéfices en exploitation

 

SYNTHESE :  le chef de projet agile selon DARWIN